Immobilier
Investissement immobilier en 2026 : les changements qui vous impactent
Entre hausse de la CSG sur les meublés, fermeture massive de PEL et exclusion de l'immobilier du dispositif d'apport-cession, l'année 2026 modifie en profondeur les paramètres de l'investissement immobilier. Certaines mesures ouvrent des opportunités, d'autres referment des portes. Voici celles qui méritent votre attention immédiate.
Ce qui se resserre : fiscalité, épargne logement et apport-cession
Commençons par les mauvaises nouvelles — ou du moins celles qui appellent une réaction rapide.
La première concerne les loueurs en meublé non professionnel (LMNP). La loi de financement de la Sécurité sociale 2026 fait passer la CSG applicable à certains revenus du capital de 9,2 % à 10,6 %, ce qui porte le total des prélèvements sociaux de 17,2 % à 18,6 %. Les bénéfices commerciaux des LMNP sont directement visés, et la mesure s'applique de manière rétroactive aux revenus 2025. En pratique, les investisseurs au régime réel qui utilisent les amortissements pour réduire leur résultat imposable seront peu touchés. En revanche, ceux dont le bien est largement amorti ou qui relèvent du micro-BIC verront la note augmenter. Point important : les revenus fonciers classiques, les plus-values immobilières et l'assurance vie conservent l'ancien taux de 17,2 %.
Deuxième sujet à surveiller de près : la vague de fermetures de PEL qui a débuté en mars 2026. Depuis une loi de 2010, les plans ouverts à partir de mars 2011 ont une durée de vie limitée à 15 ans. Conséquence : 3,2 millions de plans, représentant 93 milliards d'euros d'encours, seront progressivement clôturés d'ici 2030. Si le titulaire ne fait rien, l'épargne bascule automatiquement sur un livret rémunéré autour de 0,8 % et les droits à prêt sont perdus. C'est donc maintenant qu'il faut décider où réorienter ce capital — vers un placement plus rémunérateur ou vers un projet immobilier utilisant les droits acquis.
Troisième resserrement, celui-ci ciblant les dirigeants d'entreprise : le dispositif d'apport-cession (article 150-0 B ter), qui permet de reporter l'imposition sur la plus-value lors de la vente d'une société, est durci. Le seuil de réinvestissement passe de 60 % à 70 %, le délai est étendu à trois ans et la conservation des actifs allongée à cinq ans. Surtout, l'immobilier — promotion, marchands de biens, hôtellerie, clubs deals — est désormais exclu des remplois éligibles lorsque la plus-value provient d'une activité productive. Un changement majeur pour les entrepreneurs qui utilisaient cette stratégie patrimoniale. Les apports réalisés avant le 20 février 2026 restent soumis à l'ancien régime.
Ce qui s'ouvre : PTZ élargi et Loc'Avantages prolongé
Côté opportunités, en plus du dispositif Jeanbrun déjà largement commenté, deux dispositifs méritent d'être (re)considérés.
Le prêt à taux zéro, prolongé jusqu'à fin 2027, a été significativement renforcé. Il est désormais accessible sur l'ensemble du territoire pour tout logement neuf, maisons individuelles comprises. Les plafonds de revenus ont été revalorisés de 8 % à 13 % selon les zones, et les montants d'opération rehaussés. La quotité maximale atteint 50 %, soit jusqu'à 180 000 euros financés sans intérêts. Nouveauté à noter : le dispositif s'ouvre aux acquéreurs successifs en bail réel solidaire (BRS), ce qui facilite les reventes dans ce circuit d'accession sociale. Dans l'ancien avec travaux, le PTZ reste en revanche limité aux zones peu tendues (B2 et C), mais il est cumulable avec MaPrimeRénov'.
L'autre dispositif à connaître est Loc'Avantages, prorogé jusqu'à fin 2027. Il offre une réduction d'impôt de 15 % à 65 % aux propriétaires qui louent un logement nu en dessous du prix de marché à un locataire sous plafonds de ressources. Trois niveaux de décote existent, avec un engagement de six ans minimum via une convention avec l'Anah. Avantage par rapport aux dispositifs de défiscalisation classiques : Loc'Avantages s'applique à tout logement existant en bon état, sans obligation de travaux lourds ni d'engagement de neuf ans. Les passoires thermiques en sont toutefois exclues, ce qui renforce encore l'intérêt de rénover avant de s'engager.
Ces évolutions dessinent un paysage immobilier plus contraint sur le plan fiscal, mais où des leviers restent accessibles pour les investisseurs qui prennent le temps de s'y adapter. La clé, comme souvent en gestion patrimoniale, est d'agir avant que les fenêtres ne se referment.






