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Or et ETF : comment investir dans le métal jaune selon son enveloppe
Avec une forte hausse en 2025 et un sommet historique au-delà de 5 000 dollars l’once, l’or confirme son rôle de valeur refuge. Les ETF offrent un accès simple à cette classe d’actifs, mais les options diffèrent sensiblement selon que l'on détient un PEA ou un compte-titres.
Compte-titres : un accès direct et diversifié à l’or via les ETF
L’année 2025 a spectaculairement confirmé la décorrélation de l’or par rapport aux marchés actions. Tandis que les indices boursiers étaient secoués par les tensions commerciales entre grandes puissances, notamment les droits de douane annoncés puis suspendus par l’administration américaine, le métal jaune établissait son nouveau sommet historique au-delà de 5 000 dollars l’once.
Cette trajectoire confirme le rôle de l’or comme amortisseur de chocs dans un portefeuille diversifié. Il est généralement recommandé d’y allouer entre 5 % et 10 % de l’allocation globale, dans une logique de protection et de diversification, sans en faire un pilier central de la stratégie.
Depuis un compte-titres ordinaire, les clients accèdent à une large gamme d’ETF adossés à l’or physique. Ces produits répliquent l’évolution du cours spot de l’or en dollars et sont généralement adossés à des réserves métalliques stockées dans des coffres sécurisés à Londres ou Zurich. Parmi les références les plus échangées, l’Amundi Physical Gold ETC ou l’iShares Physical Gold ETC affichent des frais annuels de seulement 0,12 %, ce qui en fait des supports particulièrement efficaces en termes de coût. Ces deux produits ont affiché une performance de l’ordre de 15 % sur le seul premier semestre 2025, reflétant fidèlement la hausse du métal. D’autres ETF, comme l’iShares Gold Producers, investissent non pas dans le métal lui-même mais dans des sociétés minières aurifères.
Ces derniers ont affiché des performances encore supérieures, dépassant 30 % sur la même période, grâce à l’effet de levier opérationnel des entreprises minières. Mais cette surperformance s’accompagne d’une exposition à des facteurs supplémentaires : coûts de production, qualité de gestion des ressources, risques opérationnels et géopolitiques propres au secteur minier. Le choix du sous-jacent est donc un élément central à bien expliquer à vos clients.
PEA : des alternatives indirectes, séduisantes mais limitées
Les ETF exclusivement exposés à l’or physique sont le plus souvent domiciliés hors de l’Union européenne, au Royaume-Uni, en Suisse ou aux États-Unis. Cette domiciliation les rend incompatibles avec le PEA, enveloppe réservée aux investissements dans l’espace économique européen.
Pour les clients souhaitant néanmoins profiter de la fiscalité avantageuse du PEA, deux pistes existent. La première consiste à se tourner vers des ETF matières premières diversifiés compatibles PEA, qui intègrent l’or parmi d’autres métaux stratégiques comme l’argent, le cuivre, le palladium ou le platine. La seconde passe par des ETF investis dans des sociétés minières européennes liées en partie à l’or, à l’image du Lyxor STOXX Europe 600 Basic Resources.
Ces solutions restent toutefois imparfaites et ne reflètent pas fidèlement la performance du métal précieux. Un ETF matières premières diversifié dilue l’exposition à l’or parmi d’autres actifs dont les dynamiques de prix sont très différentes, tandis qu’un ETF de sociétés minières subit des aléas propres à chaque entreprise : risques opérationnels, qualité du management, exposition géopolitique des sites d’extraction. Il convient donc de bien expliquer cette nuance aux épargnants : investir dans l’or via un PEA, c’est accepter une exposition indirecte et approximative au métal jaune.
Le choix entre l’accès direct via un compte-titres et l’exposition indirecte via un PEA dépend du profil de risque, de l’horizon d’investissement et de la stratégie fiscale globale de l'épargnant. Un point supplémentaire mérite d’être souligné : le risque de change. Les ETF adossés à l’or physique sont libellés en dollars, ce qui expose l’investisseur européen à la volatilité du taux EUR/USD. En 2025, cette exposition a joué en défaveur des investisseurs européens lorsque le dollar s’est affaibli. Des versions couvertes en euros existent mais impliquent des frais supplémentaires. L’or peut jouer un rôle pertinent dans une allocation bien construite, mais il ne doit en aucun cas en devenir l’élément central ni se substituer à une diversification équilibrée entre classes d’actifs.






